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 « On m’a demandé, Très Saint Père de ne pas parler longtemps car vous êtes fatigué. Il est heureux que les disciples n’aient pas été là quand Jésus, fatigué, s’était assis au puits de Jacob. Ils auraient empêché la Samaritaine d’approcher. Et je crois, Saint-Père, que la Samaritaine a été la joie de Jésus et nous, à L’Arche, nous voulons être votre joie. »

C’est avec ces mots que Jean Vanier s’adresse au Pape Jean-Paul II lors de la remise d’une reconnaissance pour son Oeuvre. En étant un peu ambitieux, magnanimes ou présomptueux voir orgueilleux – je vous laisse seuls juges – on pourrait, nous, membres d’Eglise et Innovation Numérique, s’imaginer devant le Pape François dans quelques mois ou années disant que nous voulons être sa joie, ayant réussi à initier une forme de réconciliation entre l’Eglise et l’innovation, entre les croyants et le numérique. C’est la mission que nous nous sommes confiés.

Alors, je vous soumets trois réflexions :

  • Que sont les puits en 2018 ?
  • Qui sont les disciples en 2018 ?
  • Qui est la samaritaine en 2018 ?

Le lecteur attentif remarquera que je ne propose pas la réflexion suivante : qui est Jésus en 2018 ? C’est probablement le seul invariant mais évidemment le plus important. Et s’il est besoin de vous rassurer, nous en avons conscience et servir Dieu est notre priorité.

 

  • Que sont les puits en 2018 ?

Les puits, ce sont les moyens de consommation et de communication. Et nous vivons dans une époque très étrange ou les personnes, agissant comme des consommateurs vont au puits parce qu’elles ont soif, jusque là c’est logique, mais vont aussi aux puits lorsqu’elles n’ont pas soif : par habitude, mode, ou paresse… regarder la télé sans le choisir ni choisir le contenu, bondir sur la première notification whats app ou mail, sans oublier Facebook. C’est évidemment inquiétant mais c’est aussi porteur d’espérance car si nous, en tant qu’Eglise, sommes présents et maîtrisons ces “puits digitaux” alors nous pouvons épancher la soif et faire passer les messages du Christ ; et avoir une chance de RE-créer la rencontre. Il faut donc s’évertuer à repérer, comprendre voir créer et construire ces nouveaux puits. L’enjeu est donc de transformer la technolâtrie de nos contemporains en moyens d’accéder à la Source.

C’est le premier Pilier d’EIN : Penser les puits d’aujourd’hui, construire les puits de demain, penser le numérique et l’innovation. Et former des disciples-missionnaires du numérique, des “e-missionaires” comme dirait Jean-Baptiste Maillard de Lights in the dark.

  • Cela nous amène à notre deuxième réflexion : qui sont les disciples en 2018 ?

C’est nous ! La question que nous devons nous poser est simple : quels disciples voulons nous être ? Voulons-nous être des disciples entreprenants ou ceux qui empêchent de construire ou d’accéder aux puits ; Ce n’est peut être pas aussi simple car nous devons rester vigilant sur ces puits qui ne mènent pas à la bonne source…équilibre difficile à trouver, j’en conviens. L’abbé grosjean, dans son livre Catholique, engageons-nous résume bien la situation : comment marcher sur cette ligne de crête entre d’un côté le repli-sur soi, sur nous-mêmes, et de l’autre côté le relativisme. Ma conviction est que nous avons besoin d’être accompagnés par l’Eglise et Dieu dans cette recherche d’équilibre.

L’Eglise en tant qu’institution a selon nous un double rôle à jouer. Le premier est de nous aider à discerner, de nous guider sur le fond et sur la forme. C’est ainsi que nous pourrons cheminer dans la bonne direction. Le second rôle de l’Eglise est d’abandonner la posture du “on a toujours fait comme ca” et de faire sienne cette parole de Jésus : « Vois, Je fais toute chose nouvelle ».

L’Eglise doit montrer qu’elle accueille l’innovation. Il est ici question de forme, d’état d’esprit, de posture, qui doit permettre de toucher les samaritaines d’aujourd’hui. L’enjeu est aussi d’être professionnels : de former et de se former.

Le Pape Grégoire XVI considérait le symbole de la révolution industrielle comme des « chemins de l’enfer ». Aujourd’hui, voici la question à laquelle nous devons répondre : Comment l’Eglise en tant qu’institution et en tant que communauté de croyants doit-elle considérer la révolution numérique ? L’enjeu n’est pas tant de savoir si le train ou les puits sont bons ou mauvais. Ni d’empêcher les samaritaines de monter dedans ou d’y accéder. L’enjeu est de savoir comment continuer d’évangéliser dans un monde de trains et de puits.

C’est le deuxième pilier d’EIN : Développer un écosystème de puisatiers innovants, nous l’avons appelé La Church Tech.

  • Cet écosystème, qui sert-il ? C’est notre troisième réflexion : Qui est la samaritaine en 2018 ?

C’est vous, c’est nous, c’est toi, baptisé ou non, à la recherche de l’eau sans forcément en avoir conscience ! Comment nous aider, nous-mêmes et comment aider notre prochain ? Notre réponse, vous l’aurez compris, c’est l’innovation. C’est notre réponse, elle est donc ni bonne ni mauvaise, ni l’unique possible. C’est simplement celle que nous avons choisie. Notre seule message est de dire que cette réponse doit avoir sa place dans l’Eglise d’aujourd’hui.

Innover c’est refuser le “on a toujours fait comme ca” et refuser de continuer à montrer les puits aux samaritaines alors qu’elles ont toutes l’eau courante chez elles et qu’elles boivent du coca ou de la bière, commandée chez Divine Box dans le meilleur des cas.

L’enjeu est donc bien là, comment être suffisamment créatifs pour toucher les samaritaines d’aujourd’hui, dans leur complexité et leur diversité ? Innover nous permettra de découvrir et redécouvrir qui sont ces samaritaines, pour les convertir. Il faut donc ouvrir les portes de notre Eglise, non pas pour laisser entrer les samaritaines mais bien pour sortir et aller vers leur puits ou en construire et les rendre visibles.

Rendre visible les innovations aux samaritaines d’aujourd’hui, c’est le troisième pilier d’Eglise et Innovation Numérique. C’est une oeuvre collective et nous, Eglise et Innovation Numérique et les porteurs de projets réunis au sein de l’écosystème La Church Tech, avons besoin de votre aide pour rendre visible cette Arche qui vogue dans cette périphérie à évangéliser, le continent numérique. Vous nous avez déjà aider lors de notre campagne de crowdfunding et en venant à Pitch My Church 3, vous pouvez adhérer à l’association pour la structurer et la professionnaliser pour nous aider encore d’avantage

 

Je formule donc cette invitation : Montons ensemble dans le train du numérique et laissons nous transporter avec confiance.

Le puisatier, parce qu’il est entrepreneur, creuse sans être certain de trouver de l’eau ! Il faut l’accepter, mais néanmoins creuser avec espérance ! Je le répète : nous avons besoin de l’aide de l’Eglise et de ses outils au quotidien pour creuser et, tout au long du chemin, pour discerner.

“Seigneur donne nous la claire vision de ce qu’il faut faire et la force de l’accomplir”.

 

Par Hugues de Saint Vincent.

 

Et pour écouter le quartette de la ChurchTech, voici le pitch de Thomas Tixier, président d’Eglise et innovation numérique :

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